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Quand la plage remplace l’hôpital : une journée avec les enfants dialysés à Assinie
Aujourd'hui, 11:52

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À Assinie, le dimanche 4 octobre 2026, la plage a offert un décor inhabituel à des enfants dont le quotidien est généralement rythmé par les séances de dialyse et les rendez-vous médicaux. À l’initiative de l’ONG Secours Perpétuel en action (SPERA), dirigée par Rachelle Kouamé, ces enfants atteints d’insuffisance rénale ont bénéficié d’une journée de détente, loin de l’univers hospitalier.

Au programme : activités de plage, jeux et moments d’échange. Avec l’appui de partenaires et de bénévoles, l’association a voulu créer une parenthèse dans le quotidien médical de ces enfants et leur permettre de partager quelques heures avec d’autres jeunes confrontés à la même maladie.

Cette sortie s’inscrit dans la continuité d’une première initiative organisée à Jacqueville en avril dernier. Pour SPERA, ces moments ont une importance qui dépasse le simple divertissement. L’insuffisance rénale chronique impose en effet aux enfants et à leurs familles de nombreuses contraintes : traitements réguliers, déplacements, dépenses liées aux soins et fatigue.

À cette réalité médicale s’ajoute une autre difficulté, moins visible : le risque que l’hôpital occupe une place disproportionnée dans la vie de l’enfant.

« Il faut permettre à l’enfant de savoir qu’il est aimé », explique Rachelle Kouamé.

Pour la responsable de SPERA, l’accompagnement d’un enfant malade ne devrait donc pas se limiter à la prise en charge médicale. Son bien-être psychologique et social mérite également une attention particulière. Jouer, rencontrer d’autres enfants, sortir de son environnement habituel et pouvoir se projeter dans l’avenir font aussi partie de la vie.

Une réalité qui peut être particulièrement difficile pour les enfants dialysés. Au fil de leur parcours de soins, certains sont confrontés à la disparition de camarades rencontrés dans les établissements sanitaires.

« Les enfants, leurs amis, les quittent, meurent », témoigne Rachelle Kouamé.

La maladie et la mort peuvent ainsi devenir des réalités proches, susceptibles de provoquer chez eux tristesse, inquiétude ou questionnements. Dans un cadre comme celui d’Assinie, les enfants peuvent toutefois bénéficier d'un espace plus détendu, sans être constamment ramenés à leur statut de patients.

Les échanges avec les accompagnateurs peuvent également permettre de faire émerger certaines difficultés. Une remarque, un souvenir ou une confidence peuvent révéler une peur, un sentiment de rejet ou une souffrance que l’enfant n’exprime pas nécessairement dans le cadre des soins.

Car l’insuffisance rénale ne concerne pas uniquement le corps. La maladie peut également modifier la manière dont l’enfant se perçoit et dont il pense être regardé par les autres. Certains peuvent avoir le sentiment d’être différents, de ne plus pouvoir vivre comme les autres ou de ne pas être considérés comme capables de construire leur avenir.

À travers ses activités, SPERA cherche justement à combattre cette perception.

Pour l’association, un enfant malade reste avant tout un enfant. Il doit pouvoir aller à l’école, jouer, rencontrer ses camarades, découvrir de nouveaux lieux et nourrir des projets.

Mais l’accompagnement proposé par SPERA ne se limite pas aux sorties de détente. L’ONG indique assurer une prise en charge qu’elle qualifie d’« holistique » des enfants dialysés en Côte d’Ivoire. Celle-ci comprend notamment la contribution aux actes de dialyse, à la pose de cathéters, aux interventions liées à la création d’une fistule artério-veineuse, aux hospitalisations et aux médicaments.

L’association intervient également sur le volet scolaire, avec la prise en charge de la scolarité et la fourniture de kits scolaires. Les sorties de détente sont organisées deux fois par an, en complément des autres activités destinées aux enfants.

Cette volonté s’est notamment traduite en septembre par un accompagnement lors de la rentrée scolaire. Après la sortie d’Assinie, SPERA prépare également ses prochaines activités de fin d’année.

Une fête de Noël est annoncée le 12 décembre à Aboisso, puis le 19 décembre à Abidjan, au CHU de Cocody, au niveau de l’unité d’hémodialyse du CNPTIR, sous réserve du maintien du programme. À cette occasion, SPERA remercie notamment ses partenaires ainsi que Mohamed Sabbah et son épouse Sarah Sabbah pour leur soutien. L’ONG exprime également sa reconnaissance à Clément Ackoundou, directeur général du CNPTIR.

Ces initiatives ne remplacent évidemment ni la dialyse ni les traitements médicaux. Elles répondent cependant à une autre dimension de la maladie : préserver autant que possible la vie sociale, l’épanouissement et l’estime de soi des enfants.

À Assinie, pendant quelques heures, la maladie a ainsi laissé davantage de place aux jeux, aux échanges et à la découverte.

Une parenthèse pour rappeler une réalité simple : avant d’être des patients, ces enfants restent des enfants.

GZ

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