L’Office National des Sports (ONS) et l’Institut National Polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INP-HB) ont franchi une nouvelle étape dans la professionnalisation de la gestion du sport en Côte d’Ivoire. Les deux institutions ont procédé, ce jeudi 11 juin 2026, à la signature d’une convention de partenariat à la piscine d’État de Treichville.
Cette collaboration vise à renforcer la gouvernance des infrastructures sportives héritées de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2023 et à développer un modèle économique durable pour leur exploitation.
Prenant la parole à cette occasion, le Directeur général de l’ONS, Ousmane Gbané, a rappelé les importants investissements réalisés par l’État ivoirien dans le cadre de l’organisation de la CAN 2023. Selon lui, six stades de compétition et vingt-quatre terrains d’entraînement ont été construits ou réhabilités à Abidjan, Bouaké, Korhogo, San Pedro et Yamoussoukro.
« Dès la fin de la CAN 2023, la question de la gouvernance, de l’entretien, de la maintenance et de l’exploitation de ces infrastructures s’est posée avec acuité », a-t-il indiqué.
Le patron de l’ONS a souligné qu’une stratégie de gestion articulée autour de quatre axes a été mise en œuvre à la suite des réflexions menées avant et après la compétition. Trois ans après son déploiement, les résultats sont jugés satisfaisants.
« Les infrastructures sportives héritées de la CAN 2023 sont en parfait état et continuent d’accueillir de grandes compétitions internationales ainsi que des activités socioculturelles d’envergure », a affirmé Ousmane Gbané.
Il a également révélé que plusieurs pays de la sous-région effectuent désormais des missions en Côte d’Ivoire afin de s’inspirer du modèle ivoirien de gestion des infrastructures sportives. Sur le plan financier, l’ONS a réussi à mobiliser, en seulement cinq mois de gestion en 2026, près de 90 % de ses recettes propres prévues pour l’année.
Malgré ces performances, l’Office entend aller plus loin. Son plan d’action consolidé prévoit une augmentation progressive de ses ressources propres avec des objectifs fixés à 10 % en 2027, 20 % en 2028 et 50 % à l’horizon 2029.
Pour atteindre ces ambitions, l’ONS a choisi de s’appuyer sur l’expertise académique de l’INP-HB, notamment à travers son Centre d’Excellence Régional en Gouvernance et Économie du Sport (CERGES).
La convention signée prévoit ainsi une mission d’assistance technique du CERGES au profit de l’ONS pour l’élaboration et l’amélioration de son plan stratégique ainsi que de son modèle économique. Cette coopération couvrira également d’autres domaines, notamment la formation et le développement de compétences spécialisées comme le green keeping.
Représentant le Directeur général de l’INP-HB, le Directeur général adjoint chargé de la recherche, de l’innovation et du Technopole, le professeur Pierre Yourougou, a salué un partenariat qui dépasse le simple cadre administratif.
« Cette convention consacre l’alliance entre deux institutions de référence, animées par une ambition commune : faire du sport et de la jeunesse des leviers stratégiques de développement, d’excellence et de rayonnement », a-t-il déclaré.
Selon lui, le sport constitue aujourd’hui un véritable secteur économique nécessitant des compétences pointues en matière de gouvernance, de gestion et d’innovation. Il a assuré que le CERGES mettra son expertise au service de l’ONS afin de bâtir un modèle économique performant et durable.
Au-delà de cette mission stratégique, les deux institutions envisagent de développer plusieurs axes de coopération, notamment des formations qualifiantes et continues destinées aux acteurs du secteur sportif, des programmes de renforcement des capacités des agents de l’ONS ainsi que l’organisation d’un Salon africain des infrastructures et équipements sportifs.
Les responsables des deux institutions ont exprimé leur volonté commune de faire de ce partenariat un outil au service du développement du sport ivoirien et africain.
À travers cette convention, l’ONS et l’INP-HB entendent ainsi poser les bases d’une gouvernance moderne et durable des infrastructures sportives, tout en contribuant à faire de la Côte d’Ivoire une référence continentale dans la gestion du patrimoine sportif.
GZ
Donnez votre avis