les représentants des déguerpis réclament justice
Plusieurs personnes déguerpies et sans abris, regroupées au sein de l’Ecole Bad du quartier Houphouët Boigny de Koumassi, plus connu sous le nom de Campement, ont lancé un appel au secours, aux autorités nationales et à la communauté internationale, au cours d’une rencontre avec la presse ce mardi 9 juin 2026. Installés par groupuscules dans la cour, sous des arbres ou des bâches dressées pour la circonstance, certains se font prendre en charge par les équipes médicales sur place, pendant que d’autres devisent en vue de trouver une solution à leur situation. C’est dans cette atmosphère que nous nous rapprochons de Nana Afi Aka, l’un des chefs du village de Campement qui affirme qu’il y vit depuis 1983. Il nous a fait savoir que l’opération a été faite sans préavis. « Moi-même, je n'étais pas sûr que ça allait arriver chez nous. Mais au fur et à mesure que l'heure avançait, toute notre cour a été dégagée sans information préalable. Nous n’avons même pas eu le temps de récupérer toutes nos affaires », a-t-il fait savoir, la voix étreinte par la douleur. Et d’ajouter : « je ne travaille pas. C'est avec ça mes 5 cours que j’ai ici que je nourris ma famille et mes 12 enfants ». Il explique par la suite qu’il a dû trouver refuge dans la maison de son beau. « Je dors dans son salon. Un chef comme moi, ce n'est pas digne. Ce que les gens m'ont fait n'est pas normal », a-t-il lancé. Il lance un appel aux autorités afin de tout mettre en œuvre pour que le site revienne aux personnes qui ont des documents car ces dernières paient des impôts. « Je demande à Nana Alassane Ouattara de nous aider. Et je demande aussi à mes frères ambassadeurs des autres pays du monde entier qui aiment la Côte d'Ivoire de m'aider et d'aider tous les sinistrés. Il y a beaucoup de personnes qui ont leurs ACD, et t il y a aussi des gens qui ont payé des attestations villageoises et qui sont en train de faire leurs ACD »,a-t-il imploré. Le représentant des familles sinitrées, Didier Kouamé, a également donné sa part de vérité. « Je suis propriétaire aussi sur le site. J'ai mon ACD qui date de 2025. Le site, nous l'avons hérité. Et donc, on a suivi toute la procédure. Nous détenons aussi des ACD qui datent de 2013. Et aujourd'hui, une personne physique, même pas morale, est venue faire un déguerpissement, faire des casses sans information préalable et en pleine saison de pluie. Aujourd'hui, le comité des sinistrés a recensé plus de 1 000 sinistrés sur 11 sites en pleine saison de pluie et en période d'examens à grands tirages. Il y a des enfants qui vont à l’examen. Un site de 10 hectares, imaginez-vous, ça fait combien de foyers ? C'est gros et c'est un peu méchant », a-t-il affirmé. Il a donc plaidé pour une prise en charge très rapide parce que les sinistrés ne peuvent pas rester sur place plus longtemps. « On dit déjà merci à tous ceux qui ont déjà fait des dons, mais ce n'est pas suffisant. Parce qu’en Côte d'Ivoire, dès les premiers instants, c'est le buzz, les gens en parlent, mais une semaine après, ces familles-là font quoi ? Un sac de riz, ça peut suffire combien de temps pour combien de personnes ? Donc, il faut qu'on tire toutes les conséquences et que les autorités nous rétablissent », a-t-il exhorté. D’autres personnes estiment qu’il y a trop de flou dans cette affaire. C’est le cas d’un propriétaire qui a donné son avis. « Je suis propriétaire d'une cour sur le site qui a été détruit. J'ai acheté ma cour en 2005. Mon ACD est sorti le 27 décembre 2013. Et cette même année, j’ai commencé à payer les impôts (il nous montre son premier reçu de 2013 et le dernier reçu de paiement d'impôts qui date de 2025). M. Brou Jacques a dit dans sa vidéo, qu’il a commencé le lotissement à partir de 2016. Comment se fait-il que lui est plus propriétaire que moi qui ait eu mon ACD en 2013 ? Une deuxième chose, il dit dans sa vidéo, que la marine lui a donné l'autorisation de venir remblayer le site à partir de 2020, alors que tout ce qui est remblayage est interdit depuis 2019, selon les lois ivoiriennes. Donc il y a beaucoup de questions qui méritent des réponses claires », a-t-il commenté. Et de conclure : « nous sommes bafoués, on ne comprend plus ce qu'on appelle un état de droit. On ne comprend plus, on se pose des questions. On appelle l'opinion nationale et internationale à nous venir au secours ». Une parcelle de 10 hectares a été déguerpie de ses habitants le mercredi 3 juin 2026 par un particulier, qui selon les autorités municipales de Koumassi, a gagné son procès dans un conflit foncier. Solange ARALAMON
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