Wilfried Zahui : "Ma priorité aujourd’hui, c'est la paix"
À un pas de l’élection présidentielle d’octobre, le candidat, Wilfried Zahui Amagou a rencontré la presse, le samedi 30 août 2025, au sein du Centre Périssos d’Angré à Abidjan. Il s'agissait pour lui, d’ exposer sa vision et les grandes lignes de son projet politique baptisé « Challenge 25-30 ». Un programme qu’il veut ambitieux mais réaliste, centré sur la réconciliation nationale et le développement équilibré du pays, l'éducation bilingue et la décentralisation.
« Ce qui est important pour la Côte d’Ivoire aujourd’hui, c’est la paix. Je tiens à apprécier le travail colossal abattu en 15 ans afin de repositionner la Côte d’Ivoire sur le plan du développement, de l’économie et de la santé, ainsi que dans bien d’autres domaines. Je viens avec un projet intitulé Challenge 25-30. Entendez par challenge 2025-2030 un programme équilibré en 14 piliers ayant pour but d’amener les Ivoiriens de tous bords à travailler ensemble, sans distinction, pour poursuivre cet élan de développement national entamé à la sortie de la crise post-électorale de 2010-2011. »
Pour le candidat indépendant, la paix et la réconciliation nationale est au cœur de son projet présidentielle. « Ce qui motive ma candidature aujourd’hui, c’est la réconciliation. Quand je parle de réconciliation, je parle du fait de renforcer la cohésion sociale parce qu’aujourd’hui, avec le niveau que prend le développement national, il est important que nous puissions mettre l’accent sur les relations humaines. Il faut que celles-ci ne viennent pas entraver, dans un futur proche ou lointain, tout ce que nous avons pu accomplir en une décennie, et peut-être bientôt en deux décennies. »
Pour lui, la réconciliation est un préalable incontournable pour bâtir une Côte d’Ivoire stable et prospère. « La réconciliation reste une action où chaque bord politique, où chaque Ivoirien (qu’il soit du Nord, du Sud, de l’Est ou de l’Ouest) doit pouvoir se parler franchement et décider ensemble de tourner la page du passé. Cela n’a pas été fait jusqu’à aujourd’hui. »
Dans " challenge 25-30 " pour faire référence au quinquennat 2025-2030, la décentralisation est une réponse au chômage et à la surpopulation ivoirienne. Au-delà de la réconciliation, le candidat insiste sur l’urgence de rééquilibrer le développement du pays.
« Ma logique en termes de décentralisation s’appuie sur les réalités vécues durant les différentes crises. Nous avons eu une situation qui a coupé le pays en deux, motivant l’exode rural vers le Sud. Et au sortir de 2010, ces populations n’ont pas forcément regagné leurs lieux de provenance. Aujourd’hui, la décentralisation est plus qu’importante, parce que dans le District d’Abidjan, nous avons plus de 2 300 000 électeurs, ce qui montre que la ville est en surpopulation » a-t-il fait savoir. Il affirme pour ce fait, qu' il est impératif de mettre en valeur le potentiel de chaque région pour réduire le chômage des jeunes.
« Tant que le développement est concentré dans le Sud, il est normal que tous ceux qui sont formés dans les universités du pays voient Abidjan comme l’eldorado de l’emploi, créant ainsi une forte densité de population et un faible taux de possibilités d’embauche. La décentralisation est une alternative concrète au problème du chômage de la jeunesse. »
Sur le plan sanitaire, Wilfried Zahui Amagou se veut pragmatique. Il reconnaît les acquis, mais souligne des insuffisances criantes. « Il est important de savoir apprécier ce que les uns et les autres ont déjà accompli, sans ignorer les plaintes sur la lenteur de la prise en charge des patients, notamment lors des urgences. Des vies se perdent parce qu’on a demandé une avance avant de s’occuper du patient. Je pense que c’est tout un environnement qu’il faudrait améliorer et assainir», a t-il ajouté
S’il salue la présence d’organisations internationales, il appelle à renforcer les compétences locales.
Connu comme l'un des serviteurs de Dieu les plus célèbres de la Côte d'Ivoire, Wilfried Zahui a fait savoir que sa candidature est le prolongement de sa spiritualité et non un appel de Dieu.
« Les Ivoiriens doivent faire confiance au système que je veux réaliser, parce qu’un système n’est pas géré par un individu, il est géré par une collectivité. Je veux que pour cinq ans, ils me voient comme un leader qui gérera la collectivité avec tout le monde. Mon slogan, c’est : l’avenir se construit ensemble. S’ils pensent qu'ensemble, nous pouvons réaliser ce projet, ils y adhéreront », a t-il conclu.
Dominique Koba
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